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Attitudes paradoxales
Hâtons-nous lentement
Par Vania TORRES-LACAZE et Guillaume DELANNOY
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Les proches et les intervenants mettent souvent tout en œuvre pour essayer de remettre en mouvement une personne diagnostiquée « dépressive ». Ces efforts sont malheureusement bien souvent inefficaces, voire contre-productifs pour le patient. L’intervenant devra alors prendre une posture paradoxale pour aider ces personnes à sortir d’une situation bloquée. Cette position n’est néanmoins pas facile à adopter, tellement nous sommes imprégnés par notre culture et par les prescriptions qu’elle véhicule à rester positifs.
Madame C. dans « un épisode de marasme qui dure »
Madame C., la cinquantaine élégante, cheffe d’entreprise, vient nous voir suite à des problèmes professionnels, les relations avec son associé sont difficiles depuis qu’elle est dans ce qu’elle appelle un épisode de marasme qui dure. Il lui a dit qu’il faut qu’elle se ressaisisse, qu’on ne la reconnaît plus. En fait, depuis de longs mois elle n’a plus envie de quoi que ce soit, tout ce qui l’a longtemps fait se lever tôt, gaie et enjouée, ne la passionne plus, elle n’a plus de libido, d’appétit, a perdu du poids, a du mal à s’occuper des tâches basiques du quotidien et commence à se demander si elle ne devrait pas vendre ses parts de l’entreprise. Mais pour faire quoi ? Son époux est inquiet pour elle, et elle se dit, « s’il savait vraiment ce que je pense, là il aurait raison d’être inquiet… », parce ses idées noires, elle ne les partage pas, ou plus.
En cherchant à établir comment tout cela a commencé, elle le relie à la rentrée de l’automne. Est-ce le manque de lumière ? Est-ce la rentrée morose, suivie d’un hiver un peu dur ? C’est alors qu’elle évoque un autre événement, le départ de son fils unique de la maison pour des études aux Etats-Unis. Cet enfant brillant a été accepté dans une université renommée avant ses 18 ans. Ils ont fêté cette bonne nouvelle pendant tout l’été, pris de plus longues vacances en famille. Au retour, pleine de son légendaire dynamisme, elle est partie avec lui l’installer, il fallait l’équiper sur place, parer aux achats, et une fois tout accompli, elle est rentrée continuer sa vie. L’appartement était différent, il y avait ce silence, quand elle a tenté de partager ses sentiments, elle n’a récolté que de l’incompréhension : « tu ne vas tout de même pas nous faire un syndrome du nid vide, non ? », lui a dit son mari ; à quoi elle a répondu : « ne sois pas idiot ». Des amies du même âge qui vivent comme elle le départ des enfants du foyer se montrent soulagées de cette charge, de pouvoir vivre une autre fois un peu pour soi. Celles dont les jeunes sont encore à la maison lui disent l’envier.
Pendant qu’elle raconte, au départ détachée et ironique, les larmes coulent peu à peu sur son visage. « Malgré la réussite et la fierté que votre fils ait été admis dans cette prestigieuse université, vous paraissez infiniment triste de son départ… » Un cri déchirant sort de sa poitrine, et elle explique comment elle a vécu ces dernières dix-huit années, cet enfant si beau, si intelligent, drôle, affectueux, un soleil à la maison, comment elle lui a appris l’anglais – et s’en mord les doigts d’avoir finalement créé toutes les conditions pour qu’il puisse partir dans le monde, plus tôt que prévu, presque sans préavis… Et là elle pleure sans retenue, tout en s’excusant de le faire, et dit : « Je vais vous dire quelque chose d’horrible : c’est comme si mon fils était mort. Mais il ne l’est pas. S’il était mort, on viendrait me consoler, me réconforter, mais là… Je dois simplement prendre sur moi et aller de l’avant. »
Nous tentons de rejoindre sa profonde détresse, et lui disons que toute cette douleur emprisonnée, cette tristesse impossible à partager ont l’air de l’empoisonner de l’intérieur, qu’on peut comprendre que ce soit difficile actuellement de prendre les décisions professionnelles complexes auxquelles elle doit faire face. Il faudra avant tout s’occuper de cela. Est-ce qu’elle serait d’accord pour mettre en place quelque chose d’ici la prochaine séance ? On lui demande de chaque jour prendre un rendez-vous avec ces sentiments mêlés de douleur, tristesse, qu’elle doit consacrer une bonne demi-heure dans un endroit tranquille où elle ne sera pas perturbée et écrire, écrire tout ce qui se passe en elle. Se permettre de pleurer ou de crier si cela lui venait. Que cela serait difficile, de laisser sortir ses émotions incommunicables, mais de toute manière sa vie semblait actuellement déjà tellement pénible.
Quinze jours plus tard, Mme C. revient et partage le fruit de son travail : elle a un grand cahier qu’elle montre, griffonné presque entièrement, par endroits illisible. « Vous voyez, j’ai travaillé. Au début, j’avais vraiment peur que cela me fasse encore plus mal, revenir sur tout, m’arrêter sur ma douleur… en le faisant, je ne pouvais pas m’arrêter, en fait il me fallait plus d’une demi-heure à chaque fois pour avoir mon compte. Après, j’étais comme quelqu’un qui a couru un marathon, fatiguée mais plus légère. » Quand nous demandons ce qu’il en est sorti, la patiente nous explique qu’il y avait tellement de tristesse, cette étape merveilleuse de sa vie, élever et accompagner son fils, s’était finie si vite, et cela ne reviendrait jamais. Mais qu’elle avait été très surprise de ressentir aussi une forme de rage, elle était en colère contre son mari, ses proches, incapables de lui prêter soutien, et en l’écrivant, cette énorme rage s’était un peu dissoute. Et elle a ressenti également de la colère contre son fils, ce petit ingrat qui donnait très peu de nouvelles et avait trouvé préférable de ne pas rentrer à Noël pour mieux s’acclimater à sa nouvelle vie, mais quel culot ! Et contre elle aussi, comment avait-elle pu élever un enfant aussi égoïste, de quelle manière lui avait-elle appris à ne penser qu’à lui ? Et parfois elle était inondée d’amour pour lui, et pleurait à chaudes larmes comme elle ne l’avait pas fait avant. Nous lui avons demandé de continuer, de chaque jour venir déposer son lot de tristesse, de déception, d’amertume, de colère et d’amour sur le cahier.
Elle a commencé à partager davantage avec ses proches ce qu’elle traversait en annonçant, selon notre suggestion : « Ah, ça va te sembler très vieux jeu, mais la relation au quotidien avec mon fils me manque tellement… tu vas dire que je suis très mère poule mais je suis à la fois très heureuse pour lui et parfois triste pour moi… » Elle s’est sentie plus authentique et a éprouvé moins le besoin de prendre sur elle. Ce qui l’a aidée à se sentir mieux. A la troisième séance, elle nous a dit avoir repris le travail, et nous lui avons demandé s’il n’était pas trop tôt pour s’engager. Elle a répondu qu’elle n’avait pas encore dit son dernier mot dans l’entreprise, et que maintenant qu’elle disposait de plus de temps elle pouvait faire les choses à sa manière, moins dans l’urgence. Se montrer trop optimiste alors que le patient se sent très mal peut provoquer chez lui le besoin d’augmenter sa plainte, de manière à faire mieux entendre son état réel. Le contraire, s’accorder à son ressenti, le plaindre, peut lui permettre de se détendre d’un de ses rôles – faire comprendre au thérapeute tout ce qui ne va pas – et de passer à l’étape d’analyse de la situation.
Ainsi, quand une personne va tellement mal, très souvent son énergie pour la demande d’aide elle-même est inexistante, et c’est un membre de la famille ou un proche qui le fait. Plutôt que voir en ce proche un simple intermédiaire, il serait avisé de le percevoir comme quelqu’un qui, appartenant au système où se déroulent les échanges, impliqué et se plaignant de la situation, pourrait avoir une part active pour maintenir le problème, l’entretenir, mais aussi une part active (surtout si nous l’activons) pour le résoudre en arrêtant de l’alimenter.
Madame D. face à l’épreuve de son mari licencié
Il y a environ un an, le mari de Madame D. s’est fait licencier avec effet immédiat pour faute grave. Depuis cet événement « traumatisant », il ne cesse de se plaindre à elle du matin au soir, lui disant qu’il est « foutu », qu’à 55 ans il ne retrouvera jamais de boulot. Il la réveille même la nuit pour lui faire part de son sentiment d’injustice et de trahison. Mme D. est épuisée par ces plaintes incessantes. Elle qui voyait son mari comme un homme fort, elle a le sentiment qu’il se complaît maintenant dans son rôle de victime. Elle se demande si elle ne s’est pas trompée sur qui était cet homme, et commence à remettre son couple en question. Pour soutenir son mari, Mme D. a d’abord pris beaucoup de temps pour discuter avec lui, afin de lui donner la possibilité d’exprimer sa rage. « Mais la rage ne sort pas, dit-elle, elle est juste alimentée par la discussion. » Ne parvenant pas à le faire sortir de sa posture de plaignant, elle a insisté pour qu’il se fasse aider par des professionnels, ce qu’il a refusé de façon catégorique ; elle lui a offert divers livres pour l’aider, ce qui l’a beaucoup énervé. Les discussions entre eux continuent à aller bon train... et à tourner en rond : Monsieur s’exclame : « On m’a tué ! » Et madame de lui répondre : « On ne t’a pas tué, on t’a juste pris ton travail. Le travail c’est pas la vie. » Et monsieur de renchérir : « Oui, le travail pour moi, c’est ma vie ! » Mme D. a également tout pris en charge à la maison depuis que son mari a perdu son job : les courses, le ménage, des repas de leurs enfants… et c’est même elle qui taille les arbres !
Pour aider Mme D. à mieux aider son mari dans la passe difficile qu’il traversait, nous lui avons proposé de changer de discours avec lui : « Mon chéri, je dois bien me rendre à l’évidence : toutes mes tentatives, tous mes efforts pour essayer de t’aider ont été inutiles, et dès que nous parlons de ce sujet, nous ne faisons que nous engueuler. J’ai donc décidé de ne plus du tout me mêler de tes histoires de boulot, car je dois admettre la triste vérité : au fond, je n’ai strictement aucune idée de ce que tu dois faire pour sortir de cette situation compliquée… » Nous lui avons également demandé de commencer progressivement à être moins efficace dans la prise en charge de certaines tâches, par exemple d’oublier d’acheter certaines choses qui étaient importantes pour son mari.
Après trois semaines, elle revient nous voir et nous dit que les résultats des prescriptions ont été quasiment miraculeux. Le fait de ne plus entrer en matière sur la question du travail a complètement fait disparaître les plaintes. Nous demandons, étonnés : il ne se plaint plus ? « Non, je ne lui réponds plus, du coup il ne m’en parle plus… Si, deux fois quand même, il m’a dit que je n’en avais rien à faire de sa situation et de ses problèmes. Je lui ai répondu que j’avais fait de mon mieux pour l’aider mais qu’il fallait bien que j’admette que j’étais incapable de l’aider, et la conversation n’est pas allée plus loin. » Son mari a aussi commencé à faire des choses qu’il n’avait jamais faites de sa vie : faire le repas, s’intéresser aux études des enfants, vider le lave-vaisselle, aller s’acheter lui-même du café. Une séance de consolidation deux mois plus tard nous permit de confirmer que la spirale délétère ne s’était pas manifestée à nouveau.
Dans des interventions de ce type, nous n’avons pas besoin de rencontrer le porteur des symptômes pour résoudre le problème, nous nous appuyons sur les ressources de la personne qui nous semble la plus mobilisable pour faire évoluer la situation. Le mouvement de poussée, s’il a été essayé et n’a pas donné de résultats, doit être stoppé, au risque d’augmenter la pression et les sentiments d’incapacité et d’inadéquation qui sont à même de nourrir la dépression.
Monsieur F. se sent « minable » après avoir arrêté sa carrière
Monsieur F., ingénieur, décide après presque trente ans dans la même entreprise et une belle carrière, de prendre une retraite anticipée pour pouvoir lancer son propre projet longuement rêvé : travailler dans le conseil avec des missions qui lui permettraient de ralentir un peu. Et c’est effectivement ce qui lui arrive – il travaille moins, beaucoup moins. Il découvre qu’il lui est très difficile de trouver ces missions, qu’elles ne s’enchaînent pas comme prévu et que la réorganisation de sa vie professionnelle est un échec, avec une diminution sensible de ses revenus et de sa position sociale. Très anxieux, il a le sentiment d’avoir commis une erreur, sans retour en arrière possible. C’est son médecin traitant qui nous l’envoie : M. F. a déjà fait deux épisodes dépressifs, le dernier avec hospitalisation et sismothérapie. Les antidépresseurs prescrits ont dû être arrêtés en raison d’une réaction dermatologique sévère.
Depuis qu’il est rentré à la maison, M. F. fait des tentatives répétées pour aller mieux, tente de se lever tôt et de faire des recherches, de contacter ses connaissances, mais au fur et à mesure de la journée et de ses difficultés à aboutir, il se sent de plus en plus mal, se met à ruminer, à se sentir « minable », à craindre pour l’avenir et se met au lit. Le soir, il attend avec impatience le retour de son compagnon, qui le soutient et lui dit que c’est peut-être une question de temps. Il lui présente des clients potentiels de son propre réseau professionnel, et lui donne des conseils pour améliorer son site Internet. Il dit à son ami que s’il n’a pas de missions pour le moment, c’est l’occasion de profiter de ce temps pour se mettre au sport comme il a toujours voulu, ou faire les petites réparations à la maison qui attendent depuis longtemps, mais M. F. ne trouve pas l’énergie pour cela. Ils discutent longuement, parfois il lui arrive de pleurer dans ses bras.
Nous lui disons qu’il est dans une période de convalescence, et que vouloir déployer des efforts inconsidérés avant de retrouver la forme est contreproductif – c’est bien comme cela qu’il s’est retrouvé à l’hôpital après la première dépression. Plutôt surpris, il nous demande ce qu’il devrait faire alors. Nous lui disons que le plus important est pour le moment de ne pas tenter de retrouver du travail ou contacter des personnes dans ce sens – son manque d’énergie risquerait de gâcher toute opportunité qui pourrait se présenter. Pour éviter cela, dès qu’il sentirait le besoin d’aller sur son ordinateur pour faire des démarches, il devrait immédiatement se mettre au lit pour se rappeler qu’il était encore trop tôt et que cela était risqué pour lui s’il ne voulait pas encore se retrouver hospitalisé. Et noter toutes les idées qui lui venaient, au moment où elles venaient.
Quand nous recevons son compagnon seul, il nous dit que s’il tente de motiver son ami c’est surtout pour lui manifester son amour et son soutien : « Je ne veux en aucun cas qu’il pense que je ne crois pas en lui, il est fragile. Qu’il retravaille ou pas, ce n’est pas un problème pour moi, nous avons assez de moyens maintenant s’il est à la retraite définitivement. » Nous avons discuté avec lui sur comment continuer à soutenir son compagnon autrement, parce qu’il semblait que toute incitation à s’activer provoquait chez M. F., qui en était incapable pour le moment, beaucoup de déception. Nous lui avons suggéré de couper les mises au point du soir, en lui disant simplement : « C’est dur, mais pour l’instant tu dois te reposer, rappelle-toi. »
Après quinze jours, M. F. nous dit que c’était difficile au début de s’astreindre à se mettre au lit, et qu’il ne comprenait pas pourquoi – il n’avait rien accompli – il se sentait déjà un peu moins mal. Il avait bien noté ses pensées, qui tournaient autour de la crainte d’avoir commis une erreur en demandant la retraite et la réaction des personnes de son entourage s’il n’arrivait plus à travailler. Son compagnon, lui, était soulagé de ne pas avoir à lui remonter le moral chaque soir, et finalement la soirée entre eux était plus agréable et ils avaient même retrouvé de l’intimité, ce qui n’était pas arrivé depuis le retour de l’hospitalisation. Nous leur avons demandé de continuer de la même manière, M. F. au lit à chaque fois qu’il aurait envie d’une action trop précoce. Et prendre le temps d’écrire tout ce qui était difficile dans sa situation, surtout en lien avec l’entourage.
A la séance suivante, le patient vient seul et dit se sentir beaucoup mieux. Il avoue avoir fait un peu de bricolage, mais parce qu’il avait vraiment envie, cela ne lui avait pas coûté. Nous lui disons de faire attention, pas encore de marathon avant d’avoir réparé sa jambe cassée. Il rit et dit qu’il pense qu’il s’était beaucoup forcé toute sa vie, et qu’effectivement les choses avaient changé. Il a arrêté de se plaindre à son compagnon, qui en le voyant mieux ne le pousse plus à entreprendre des actions. Pour son travail de réflexion, il se demande s’il va vraiment retravailler un jour. Nous lui demandons ce qu’il ferait si ce n’était pas le cas. Il dit qu’il faudrait alors tout reconstruire, tant le travail était le cœur de son existence, mais qu’il ne sait pas ce qu’il aimerait faire ou pas, qu’il n’avait jamais eu beaucoup de temps libre. Nous lui proposons de chaque jour réfléchir à de toutes petites choses qu’il aimerait faire, expérimenter, sans avoir eu de temps jusqu’à présent, et de juste les noter, sans les faire – il est toujours en convalescence, tout de même – pour en discuter avec nous.
Quand nous le revoyons, il nous a encore désobéi et est sorti de chez lui pour déjeuner avec un ami parce que cela lui a fait envie, et d’autres petites choses de sa liste. Il va beaucoup mieux, plus détendu quant à la perspective de retravailler ou pas, et nous avons continué notre travail ensemble en consolidant les changements et en étant attentifs à ce qui pourrait encore l’amener à aller mal. Penser à ces petites choses, se remettre en contact avec ses sensations, ses minuscules désirs, quand la personne a été tellement mal dans sa tête, peuvent paraître des moyens dérisoires pour résoudre un problème si grave, mais il est souvent surprenant de voir comment le fait de se reconnecter à soi, de réorienter son attention en somme, peut permettre de sortir de la transe négative qui sont certains états dépressifs.
Conclusion
Imaginons maintenant que l’intervenant ait bravé ses craintes et ait pris une position paradoxale parce que c’était nécessaire, il est important qu’il la garde sur la durée. Si aux premiers succès du patient le professionnel se met à se réjouir trop vite et à l’enjoindre à aller de l’avant, cela passerait par une simple « technique » qui ne visait somme toute qu’encore lui mettre de la pression par des moyens détournés… qui pourrait produire chez la personne le besoin compréhensible de se montrer prudente, et de faire moins état des améliorations, dans la crainte de retomber encore. C’est ainsi que vers la fin de la thérapie, il est important d’arriver à l’étape où la personne saura comment rentrer volontairement dans cet état. « Je vais vous poser une question bizarre… je sais que ce n’est pas ce que vous souhaitez, bien sûr, après tout ce que vous avez accompli, mais maintenant que les choses vont mieux pour vous, imaginons que vous vouliez de toute pièce aller aussi mal que quand vous êtes arrivé… que devriez-vous faire ou ne pas faire, dire ou ne pas dire, et même penser ou ne pas penser que vous seriez sûr et certain que vous replongeriez encore ? »
Pour les personnes ayant vécu la dépression comme quelque chose qui leur « tombait dessus », sans préavis, cette nouvelle attitude pourra faire la différence pour éviter des récidives. Tout comme les sensibiliser au fait qu’elles pourront – la vie étant ce qu’elle est – comme tout un chacun avoir encore des moments de tristesse, sans se dire « oh ! mon dieu, ça recommence ! ».
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